Le poisson le plus contaminé de la planète ? Ce que les autorités veulent que vous sachiez

Publié le 07/09/2026

L’ANSES, l’EFSA et Santé publique France publient régulièrement des informations sur les contaminants pouvant être présents dans les poissons. Grâce à leurs recommandations, les consommateurs peuvent faire des choix plus sûrs et équilibrés tout en continuant à profiter des nombreux avantages nutritionnels qu’offre la consommation de poisson.

ScreenshotLe poisson le plus contaminé de la planète ? Ce que les autorités veulent que vous sachiez

Le poisson le plus contaminé de la planète ? Ce que les autorités veulent que vous sachiez

Le poisson est largement apprécié pour ses qualités nutritionnelles, notamment sa teneur élevée en oméga-3, en protéines de qualité, ainsi qu’en vitamines D et B12. Cependant, les autorités sanitaires françaises et européennes soulignent que certaines espèces peuvent accumuler des contaminants présents dans l’environnement, ce qui peut nécessiter une consommation modérée, en particulier chez les personnes les plus vulnérables. En 2023, l’ANSES a actualisé ses recommandations concernant la consommation de poisson en s’appuyant sur une évaluation des bénéfices nutritionnels et des risques sanitaires. Ces recommandations prennent en compte les différentes espèces de poissons, leur apport en nutriments essentiels et leur niveau potentiel de contamination par des polluants organiques persistants, le mercure ou encore les dioxines.

Quels sont les contaminants concernés ?

Trois grandes catégories de contaminants font l’objet d’une surveillance particulière dans les poissons afin d’évaluer les risques pour la santé. Le méthylmercure, une substance neurotoxique, se retrouve principalement dans les poissons prédateurs situés au sommet de la chaîne alimentaire, comme l’espadon, le requin, le marlin ou le brochet. Les PCB et les dioxines, des polluants organiques persistants provenant notamment des activités industrielles, s’accumulent davantage dans les poissons gras vivant dans certaines eaux côtières ou continentales, tels que l’anguille, la carpe ou le barbeau. Enfin, les métaux lourds comme le plomb et le cadmium sont également contrôlés, même s’ils sont généralement présents à des concentrations plus faibles et concernent surtout les mollusques et les crustacés.

Quels sont les contaminants concernés ?

Quels sont les contaminants concernés ?

Les espèces identifiées par l’ANSES

Dans son avis publié en 2023, l’ANSES met en avant plusieurs catégories de poissons nécessitant une attention particulière en raison de leur teneur élevée en contaminants, notamment en méthylmercure. Les poissons prédateurs comme l’espadon, le requin (souvent vendu sous des appellations telles que saumonette, roussette ou veau de mer), le marlin et le brochet figurent parmi les espèces les plus concernées, car ils accumulent davantage de mercure en raison de leur position dans la chaîne alimentaire. L’agence recommande aux adultes de limiter leur consommation de ces poissons à une fois par mois maximum, tandis que les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les jeunes enfants devraient les éviter par mesure de précaution. Cette vigilance s’explique par le fait que le méthylmercure peut affecter le développement neurologique du fœtus et des jeunes enfants, qui constituent les populations les plus sensibles.

Les espèces identifiées par l'ANSES

Les espèces identifiées par l’ANSES

Poissons gras des eaux douces et côtières

L’anguille est considérée comme l’un des poissons d’eau douce accumulant les plus fortes concentrations de PCB et de dioxines, des polluants persistants qui peuvent s’accumuler dans les tissus des animaux. La carpe et le barbeau présentent également des niveaux élevés de ces contaminants. Pour limiter les risques liés à une exposition excessive, l’ANSES recommande aux populations sensibles de ne consommer ces espèces qu’exceptionnellement, avec une limite d’environ deux fois par an, tandis que les adultes sans facteur de risque particulier peuvent en consommer au maximum une fois par mois.

Poissons Gras Des Eaux Douces Et Côtières

Poissons Gras Des Eaux Douces Et Côtières

Cas particulier du thon en conserve

Le thon en conserve, très présent dans l’alimentation quotidienne en France, fait l’objet d’un suivi régulier par les autorités sanitaires. Selon l’EFSA et l’ANSES, sa consommation dans le cadre d’une alimentation équilibrée et variée ne représente pas de danger pour la majorité des adultes. Toutefois, par mesure de précaution, les femmes enceintes sont invitées à limiter leur consommation de thon à deux portions par semaine au maximum, toutes espèces confondues, afin de réduire l’exposition potentielle au mercure.

Cas particulier du thon en conserve

Cas particulier du thon en conserve

Ce que recommandent les autorités pour une consommation équilibrée

Les recommandations de l’ANSES et du Programme national nutrition santé (PNNS) n’ont pas pour objectif de supprimer le poisson de l’alimentation, mais plutôt d’aider les consommateurs à en profiter tout en limitant les risques liés aux contaminants. Il est conseillé de privilégier les poissons riches en oméga-3 et généralement moins exposés aux polluants, comme les sardines, maquereaux, anchois et harengs, ainsi que le saumon d’élevage certifié pouvant être consommé deux à trois fois par semaine. Certaines espèces, comme le thon, la daurade, le cabillaud ou la sole, doivent être consommées avec modération, tout comme certains poissons de rivière chez les populations sensibles. En revanche, les poissons fortement accumulateurs de contaminants, tels que l’espadon, le requin, le marlin et le brochet, doivent être fortement limités, avec une consommation ne dépassant pas une fois par mois, tandis que l’anguille et la carpe doivent rester exceptionnelles, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Ce Que Recommandent Les Autorités Pour Une Consommation équilibrée

Ce Que Recommandent Les Autorités Pour Une Consommation équilibrée

Le saumon : une espèce à nuancer

Le saumon d’élevage figure aujourd’hui parmi les poissons les plus appréciés et consommés en France, notamment grâce à sa richesse en oméga-3, des acides gras essentiels bénéfiques pour la santé. Les analyses menées par l’EFSA montrent que les concentrations en PCB et en dioxines présentes dans le saumon d’élevage européen ont fortement diminué depuis les années 2000, notamment grâce à l’amélioration des méthodes d’alimentation utilisées dans les élevages aquacoles. De son côté, le saumon sauvage du Pacifique affiche généralement des niveaux de contaminants comparables, voire légèrement inférieurs, à ceux du saumon d’élevage européen certifié. Dans les deux situations, les autorités sanitaires estiment qu’une consommation de deux à trois portions par semaine reste compatible avec les recommandations pour la population générale.

Le saumon : une espèce à nuancer

Le saumon : une espèce à nuancer

Comment réduire l’exposition sans renoncer au poisson

Plusieurs habitudes simples permettent de limiter l’exposition aux contaminants présents dans certains poissons tout en continuant à profiter de leurs qualités nutritionnelles. Il est notamment recommandé de varier les espèces consommées en alternant poissons gras et maigres, poissons d’élevage et sauvages, ainsi que poissons de mer et d’eau douce, avec une attention particulière pour ces derniers. Pour les espèces susceptibles de contenir davantage de PCB, retirer la peau et les parties grasses avant la cuisson peut contribuer à réduire l’ingestion de ces substances qui s’accumulent dans les tissus adipeux. Privilégier les poissons de petite taille, comme les sardines, les anchois ou les harengs, permet également de limiter l’exposition au mercure, car ils accumulent généralement moins de contaminants que les grands prédateurs. Enfin, il est conseillé de se renseigner sur les recommandations locales, certaines régions pouvant émettre des restrictions concernant la pêche ou la consommation de poissons provenant de cours d’eau spécifiques.

Comment réduire l'exposition sans renoncer au poisson

Comment réduire l’exposition sans renoncer au poisson

Où trouver les données officielles

Les personnes souhaitant consulter les données officielles et les références scientifiques sur la sécurité alimentaire peuvent se tourner vers les publications des organismes compétents. L’ANSES met à disposition ses travaux, notamment son avis de 2023 sur l’évaluation des bénéfices et des risques liés à la consommation de poissons. L’EFSA publie également des analyses sur les contaminants présents dans les produits de la mer, tandis que Santé publique France et le Programme national nutrition santé (PNNS) fournissent des recommandations nutritionnelles destinées au grand public. Enfin, le règlement européen (CE) n° 1881/2006 établit les seuils maximaux autorisés pour certains contaminants alimentaires afin d’assurer la protection des consommateurs au sein de l’Union européenne.

Où Trouver Les Données Officielles

Où Trouver Les Données Officielles

Conclusion

Le poisson continue d’occuper une place importante dans une alimentation saine et équilibrée grâce à ses nombreux bénéfices nutritionnels. Les recommandations des autorités sanitaires permettent de mieux identifier les espèces qui nécessitent une consommation plus modérée, sans pour autant les bannir complètement des habitudes alimentaires. L’essentiel est de diversifier les choix de poissons et d’adapter les conseils aux besoins de chacun, en particulier pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, pour lesquels un accompagnement personnalisé par un professionnel de santé peut être particulièrement utile.

Conclusion

Conclusion